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Survol du marché du diamant

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Par Marie-Hélène Corbin-Lelièvre, fondatrice et directrice du laboratoire LLG

Gemme mythique suscitant admiration, fascination et bien souvent convoitise, le diamant est surtout connu comme pierre précieuse. Pourtant, seuls 20 % de la production mondiale en poids sont consacrés à la joaillerie, le reste étant destiné aux applications industrielles.

Un matériau industriel avant tout

Avec une dureté de 10 sur l’échelle de Mohs, le diamant est le plus dur des minéraux connus. Il est insoluble dans les acides et bases. Très dense, il présente également une faible conductivité électrique (isolant) et une forte conductivité thermique.

Ces propriétés en font un matériau recherché dans plusieurs secteurs industriels. Il sert notamment d’abrasif pour le forage, la coupe, le meulage et le polissage. Il entre aussi dans la fabrication de certains outils et équipements et s’avère indispensable pour l’industrie automobile, les technologies de pointe et la recherche.

Les premiers diamants synthétiques

En raison de leurs frais d’exploitation élevés, les diamants naturels coûtent cher. Trop cher pour la plupart des usines et laboratoires scientifiques auxquels ils sont destinés. Dès la Seconde Guerre mondiale, le groupe sud-africain De Beers travaille en collaboration avec General Electrics pour développer des diamants synthétiques. Le brevet est déposé en 1950. Moins onéreux que les diamants naturels, les diamants synthétiques sont, au départ, exclusivement destinés à l’industrie. Mais l’évolution du marché va peu à peu changer la donne.

Le virage des années 2000

Depuis près de vingt ans, le marché du diamant subit de nombreux changements.

    • De nouveaux acteurs miniers, dont Stornoway au Canada et Alrosa, ont fait leur apparition dans l’exploitation des mines.
    • La globalisation des marchés et l’instabilité politique de plusieurs pays producteurs ont entrainé un accroissement de la fraude (imitations, ventes illégales, etc.)
    • Afin de limiter la circulation et le négoce des « diamants de conflit » (diamants bruts utilisés pour financer des guérillas), le Processus de Kimberley a été mis en place en 2003, appuyé par un mandat des Nations Unies. Il fédère des administrations, ainsi que des sociétés civiles et industrielles de plus de 80 pays.

Des diamants synthétiques en bijouterie

En 2018, les producteurs de diamants synthétiques tel que De Beers partent à la conquête du marché du bijou. Étiquetés « lab-grown » ou « man-made diamonds » (diamants cultivés en laboratoire / créés par l’homme), ces diamants brillent autant que les diamants naturels. En même temps, leur prix est moins élevé et ils répondent aux préoccupations de la nouvelle génération d’acheteurs qui s’investit davantage dans le respect de l’environnement et de la société. Cette nouvelle offre permet également de répondre à une très forte demande de pays émergents tel que la Chine ou l’Inde, que le diamant naturel ne pourrait combler à lui tout seul.

Complexité et confusion

Ainsi, pour les particuliers comme pour les professionnels (gemmologues, joaillers, bijoutiers, évaluateurs), l’accessibilité des pierres de synthèse est un nouveau défi. Afin d’éviter toute confusion, ils doivent pouvoir faire à tout moment la différence entre une gemme naturelle et un diamant synthétique sachant que la complexité des traitements rend l’identification difficile, voire impossible à l’œil nu. Seuls des équipements sophistiqués et des connaissances pointues – deux conditions réunies chez LLG – permette de faire la part des choses.